Depuis 2012 l’auteure Karelle Ménine et moi-même réfléchissons sur ce que la musique apporte au texte et sur ce que le texte apporte à la musique. Entre pièces scéniques et installations, nous explorons des états d’écoute et mêlons musique électroacoustique, poésie et politique, qui voyagent entre haut-parleurs et voix des actrices.

2013 - Labyrinthe(s) ;
2014 - Tricherie(s) ;
2016 - Opéra Immobile .

2013 - Labyrinthe(s)

Format électroacoustique : 4 pistes disposées autour du public. Durée : 1h30.

Une contrainte d’écriture: écrire à partir des personnages d’un jeu de cartes: les 4 personnalités d’une Reine, les 4 personnalités d’un Roi, d’un Valet, d’un As. Confier l’écriture des As au musicien Brice Catherin. Porter l’écriture des 4 Rois en un monologue. Explorer le jeu de deux comédiennes, cheminant au hasard des 4 facettes de leur personnage respectif tirées au sort chaque soir.

Cette pièce explore deux axes : travailler la musique en amont d’un texte, en geste d’écoute, et se perdre dans la langue pour la redécouvrir et se laisser surprendre.

La scénographie était elle aussi aléatoire, mouvante, éphémère, composée de lumières et de glace.

Comédiennes : Nina Langensand et Valérie Liengme

Conceptions lumières de glace : Jonathan O’Hear

Musique : Brice Catherin

Costumes : Veronika Segovia

Collaboration : Laurent Domenjoz

Collaboration dramaturgie: Olivia Csiky Trnka

Projet crée pour le Théâtre de l’Usine de Genève et présenté du 24 octobre au 3 novembre 2013.


©Beata Szparagowska

©Beata Szparagowska

©Beata Szparagowska

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2014 - Tricherie(s)

Format 2014 : 16 pistes diffusées en deux octogones superposés autour du public dans des petits haut-parleurs de bureau. Durée : 32 minutes.
Format 2015 : 8 pistes diffusées en cube autour du public. Durée : 60 minutes.

La langue est un espace mobile, accueillant, ouvert aux différences et qui se recompose sans cesse. C’est sa force mais aussi son talon d’Achille. Certains mots sont ainsi violés, dépossédés de leur sens premier, comme ça, l’air de rien… On triche, et peu à peu on détourne. Le mot « étranger » est par exemple un mot qui a perdu son sens premier, son sens Homérique.

Ce texte est une plongée dans le langage quotidien de la haine, sans jugement, mot à mot. Dans leur travail de collaboration, Karelle Ménine et Brice Catherin mettent leur outils artistiques en écoute l’un de l’autre. C’est une recomposition où la musique dessine l’espace de l’écriture, où elle travaille à l’écoute du texte. Au travers de cette installation spectacle, voici une invitation à se laisser immerger dans la plus sale partie de nous-mêmes. Et à en revenir.

Festival Baz’art, Genève, les 14 et 15 juin 2014. Festival Au Carré, Mons, Juillet 2015.

Musique et conception : Brice Catherin

Lumières : Jonathan O’Hear

Assistanat glace : Laurent Domenjoz


Plan pour l'installation
de la petite version.

Un spectateur.

Un petit bout de
l'installation.

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2016 - Opéra Immobile

Format : 8 pistes disposées en cube autour du public, ou 4 pistes disposées en carré autour du public. Existe en français et en anglais. Durée : 31 minutes.

Opéra immobile est un contrepoint à voix égales entre le texte, l’image et la musique. Ces arts y sont convoqués pour un ménage à trois sans hiérarchie, soit trois pratiques consentantes qui pourraient exister chacune seule (un texte, des images, une musique), mais qui, ensemble, s’épanouissent et se confondent en un art total.

De l’opéra nous gardons les outils, mais nous en chassons certains réflexes: pathos, emphase et drame sont exclus. Jeu et narration sont réduits à leur plus simple, ou plus exactement plus pure expression. Ainsi un texte, lu et enregistré, sortant de différents haut-parleurs disposés tout autour du public. Ainsi une musique, électroacoustique, c’est-à-dire elle-aussi destinée aux haut-parleurs, dont la qualité première est de mettre le spectateur dans un état d’écoute du texte, en proposant des couleurs, des humeurs. Ainsi des images, fabriquées avec trois êtres humains (les auteurs) sur scène, quelques accessoires et de la lumière, sous forme de tableaux vivants mais immobiles pensés comme des contrepoints (c’est-à-dire ni un commentaire, ni une illustration : une autre proposition) au texte et à la musique.

Très doucement, Opéra Immobile va remuer ce que nous avons de plus sale en nous.

Texte : Karelle Ménine

Scénographie : Marios Constantinides

Musique : Brice Catherin

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