(photo de Fanny Dalle-Rive)

Depuis 2006 et avec une flopée d'artistes de tout genre (musiciens, danseurs, dessinateurs, réalisateurs...) nous n'avons eu de cesse de multiplier les interventions et les expériences en improvisation. Les jeudis du Spoutnik, les laboratoires d'improvisation, ou encore Connaissances du monde expérimental sont autant de séries qui nous ont permis, avec forces contraintes artistiques, d'explorer le son, l'espace, le rapport au public, à l'esthétique, à l'histoire, à l'art et à la vie.

Ces performances répondent à une inextinguible soif d'expérimentation. Elles peuvent être, en outre, des terrains d'essai pour des projets plus importants, des solutions efficaces, rapides et radicales à des propositions données, ou encore des moyens pour plusieurs artistes de faire connaissance "sur le terrain". Mais le moteur principal reste de créer un objet artistique ici et maintenant, vite et bien.

Sur une base invariablement musicale, nous avons pu tisser des liens avec la danse, avec les arts plastiques et avec le cinéma. Des stars mondiales comme Foofwa d'Imobilité (danse) ou Windsor McCay (réalisateur) et de très jeunes recrues comme les dessinateurs de Hécatombe ou encore d'excellents étudiants du conservatoire de Genève sont passés par la case des laboratoires d'improvisation, dans toutes sortes de lieux : salles de concerts, théâtres, musées, cinémas, rues... En effet ces formes ne craignent aucun lieu, ni aucun public, puisque nombre des performances ont été données pour le "jeune public".

Vous trouverez ci-dessous un panaché des explorations musicales et performatives incluant du dessin en direct ou des films d'animations tels que : Jouer et dessiner en impro, Partitions de dessinateurs, Haunted House, Détournements de courts métrages d'animation et de clips


Jouer et dessiner en impro

Jouer et dessiner en impro naquit en 2007 sous l'impulsion du dessinateur Baladi, avec qui j'ai signé mon premier album sous forme de BD/CD. Baladi, avec une virtuosité et une facilité déconcertantes, a donné l'impression pendant une dizaine de performances au moins de réaliser un dessin-animé sous les yeux des spectateurs. Après plusieurs années de pratique, Baladi a passé le pinceau à de nombreux autres dessinateurs, parmi lesquels Peggy Adam, Tom Tirabosco, et, plus récemment, l'équipe de Hécatombe qui a redonné un coup de jeune à la performance en imaginant toutes sortes de nouvelles contraintes artistiques toutes plus ludiques et stimulantes les unes que les autres.


Un extrait de Jouer et dessiner en impro en version jeunesse, au festival de la Bâtie 2008, avec Baladi aux feutres, Benoît Moreau à la clarinette et Brice Catherin à l'électronique.


Un autre dessin réalisé
lors d'une de nos impros
par Baladi.

Un autre dessin réalisé
lors d'une de nos impros
par Baladi.

Une nouvelle fresque
de Baladi.

Portraits de Baladi et Brice Catherin
par Tom Tirabosco.

Port-folio "Car de Thon à Sierre"
par Baladi.

Port-folio de répétitions
par Suzanne Perrin.

Un gentil article
par Benjamin Chaix.

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Partitions de dessinateurs

Partitions de dessinateurs ne connaissant pas le solfège naquit en 2008 également sous l'impulsion du dessinateur Baladi. Ce dernier m'apporta un jour une partition dessinée par ses soins, inspirée, d'une certaine manière, par le stripsody de Cathy Berberian, à la différence que Baladi ne connait pas le solfège ni ne pratique la musique. La partition était néanmoins parfaitement jouable, et fort de cette expérience, je commandai ensuite et sur plusieurs années une foule de partitions à une foule de dessinateurs ne connaissant pas le solfège.

Cui Cui de Yassine, qu'on peut voir .
Les massacres sont toujours faits avec passion de Olivier Texier, qu'on peut voir .
Range ta rue de Baladi, qu'on peut voir .
Sous ma douche de Franz Gallo, qu'on peut voir .
Sans Titre de Abstien, qu'on peut voir .
Sans Titre de Géraud, qu'on peut voir .
Sans Titre de Andréas Kündig, qu'on peut voir .
René de Franz Gallo, qu'on peut voir .
Sans Titre de Fatmat, qu'on peut voir .
Sans Titre de Mattt Konture, qu'on peut voir .
Sans Titre de Jean-Christophe Menu, qu'on peut voir .
Il plut, il n'est plus de Vincent Pianina, qu'on peut voir .
Proche de l'Ohio de Julie (du Bal des Chiens), qu'on peut voir .
N'importe quoi qu'il en soit de Baladi, qu'on peut voir .
Sans Titre de Coco, qu'on peut voir .
Sans Titre de Mokeït, qu'on peut voir .
Sans Titre de Néoine Pifer, Buster Yannez et Lyne, qu'on peut voir .
Sweet Videur Symphony de Coco, qu'on peut voir .
Sans Titre de Jacques Velay, qu'on peut voir .
Sismics de Camille Besse, qu'on peut voir .
Aux Puces 12 de Jean-Yves Duhoo, qu'on peut voir .
Sans Titre de Quentin Faucompré, qu'on peut voir .
This is a song for the fans of Cousteau de Coco, qu'on peut voir .
Vase-line de Coco, qu'on peut voir .
Sans Titre de Abstien, qu'on peut voir .

Les enregistrements ci-dessus ont été réalisés en public au festival SISMICS (Sierre) du 3 au 6 juin 2010 avec : Yannick Barman, trompette (tous les jours) ; Brice Catherin, violoncelle (tous les jours) ; Didier Métrailler, percussions (3 et 4 juin à 14h, dimanche toute la journée) ; Francesko Miccolis, batterie (3 et 4 juin toute la journée) ; Alexandra Bellon, percussions (5 et 6 juin toute la journée). Avec la participation du public et des dessinateurs.
Et voici l'historique des partitions de dessinateurs par Coco.


Un extrait de la thèse
de Jean-Christophe Menu.

Brice Catherin dirigeant
"N'importe quoi qu'il en soit" de Baladi
par Fanny Dalle-Rive.

Brice Catherin dirigeant
"N'importe quoi qu'il en soit" de Baladi
par Jean-Yves Duhoo.

Une affiche
par Abstien Gachet.

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Haunted House

Haunted House est une version mise en scène, en espace et en situation de Jouer et dessiner en impro. Tom Tirabosco et Sandrine Pelletier ont imaginé de remplacer les fenêtres et les portes de la salle de spectacle par des grands papiers épais qu'ils peignaient depuis l'extérieur, les spectateurs ne pouvant donc ne voir d'eux que la pointe de leur pinceau en action. L'aspect spectral de la performance est renforcé par les deux ou trois musiciens présents dans la salle placés en rond et jouant ce qu'ils prétendent être de la "musique chamanique, dans le but d'appeler les esprits des soit-disant défunts dessinateurs. Cette situation humoristique et légère est finalement prétexte à une performance réellement étrange et fascinante durant laquelle des dessins se créent mystérieusement, comme obéissant aux imprécations magiques des musiciens.


Extraits de la création à la Villa Bernasconi, Grand-Lancy, en novembre 2011.

Détournements de courts métrages d'animation et de clips

De nombreux concerts ont été l'occasion de détourner (avec le consentement des réalisateurs ou des ayants-droit) des courts-métrages d'animation. En traitant le film comme une partition graphique, les improvisateurs s'offrent un magnifique terrain de jeu. En outre, et selon leurs choix stylistiques, ils peuvent donner une toute autre couleur au film que celle de la version "officielle".

Le jeu est poussé encore plus loin lorsqu'il s'agit de détourner des clips qui eux-mêmes avaient été réalisés à partir d'une musique donnée. Une sorte de téléphone arabe musique-film-musique se met alors en place, et l'on est parfois surpris des similitudes, ou au contraire de la distance abyssale entre l'original et la nouvelle version, phénomène d'autant plus intéressant que je prends toujours soin de ne pas faire écouter les versions originales aux musiciens avant les concerts.

Notons enfin que le choix des films comme des clips se fait sur le seul critère de leur excellente qualité esthétique, sans distinction d'époque, de style ou de propos. Ainsi se cotoient Windsor McCay ("Little Nemo"), Ken Navarro ("Happy Tree Friends"), Bruno Bozzetto, ou encore le peintre belge Thierry Van Hasselt, pour n'en citer que quelques-uns. La sélection peut s'adresser à un jeune public, un grand public, ou encore un public d'esthètes si vraiment ils insistent.


Les grenouilles, clip de Delphine Renard, avec Yannick Barman, Christophe Schweizer et Brice Catherin à l'électronique.


Anna, de Rebekka Baumann, avec Yannick Barman à la trompette, Christophe Schweizer au trombone et Brice Catherin au violoncelle.


Tableau mouvant de Thierry Van Hasselt, avec Brice Catherin et Christophe Schweizer aux instruments divers et acoustiques, au festival électron 2011, Genève.


Spokes for the wheel of Torment, clip de Syd Garon, avec Brice Catherin au violoncelle, Edmée Fleury à la voix et Jean Rochat aux percussions.


Hell Dream clip de Jim Dirschberger, avec Brice Catherin au violoncelle, Edmée Fleury à la voix et Jean Rochat aux percussions.


Dans le living-room de ma tante, clip de Amélie Gagnot, avec Brice Catherin au violoncelle, Edmée Fleury à la voix et Jean Rochat aux percussions.


I can be a frog clip de George Salisbury, avec Brice Catherin au violoncelle, Edmée Fleury à la voix et Jean Rochat aux percussions.


The forest city rockers motorclub clip de Jim Dirschberger, avec Brice Catherin au violoncelle et Jean Rochat aux percussions.


Happy Tree Friends, de Ken Navarro, avec Barbara Baker à la voix, Brice Catherin, Christophe Schweizer et Luc Müller aux divers instruments.


La vie dans une boîte, de Bruno Bozzetto, avec Barbara Baker à la voix, Brice Catherin au violoncelle, Ariel Garcia à la guitare et Luc Müller aux percussions.


The flying house, de Winsdor McCay, avec Barbara Baker à la voix, Brice Catherin, Christophe Schweizer et Luc Müller aux divers instruments.


KJFG#5, de Alexei Alexeev, avec Barbara Baker à la voix, Brice Catherin au violoncelle, Ariel Garcia à la guitare et Luc Müller aux percussions.


Tableaux mouvants de Thierry Van Hasselt, avec Anne Gillot (clarinette basse), Brice Catherin (violoncelle) et Luc Muller (percussions, à l'EJMA, Lausanne, le 29 mars 2014.


Une affiche
par Yannis Macchia.

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